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L'epreuve: Condamnee a mort a vingt ans en Malaisie Saubin, Beatrice

Disponible
Réf 6441
L'epreuve: Condamnee a mort a vingt ans en Malaisie (Collection "Vecu") (French Edition)
Saubin, Beatrice
R. Laffont 1991
ISBN 10: 2221069706 ISBN 13: 9782221069707
R. Laffont, 1991
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Nationalité : France
Né(e) à : Rommilly-Sur-Seine , le 07/09/1959
Mort(e) le : 02/11/2007
Biographie :
Béatrice Saubin est née à Rommilly-Sur-Seine. Abandonnée par sa mère, trop jeune pour l’élever, elle grandit avec sa grand-mère dans ce coin reculé de la France.
Son enfance ne fut pas facile (elle tombe en dépression très jeune), et l’envie de fuir, voyager, s’ouvrir au monde viennent à la jeune fille de 15 ans ...
Au fil de son adolescence, une passion pour l’Asie l’envahit et ne la quittera plus jamais. Du haut de ses 16 ans, elle quitte, pendant plusieurs mois sa ville natale qui l’étouffe pour partir à l’aventure, à pieds ( !) : elle découvre l’Italie et la Grèce, passages obligés pour atteindre son but ... l’Orient. Elle pénètre les secrets d’Istanbul, elle continue son chemin jusqu’au Liban ... Pourtant, septembre approche avec la rentrée ... retour à Romilly.
A partir de son premier périple, Béatrice Saubin ne peut plus vivre en France avec sa grand-mère qui lui mène la vie dure. Elle repart. Elle a 18 ans. Direction l’Inde. Passage à Istanbul, traversée de l’Iran, de l’Afghanistan, du Pakistan, puis enfin ... l’Inde.

Elle n’a pas 20 ans quand elle repart à Bangkok et découvre ensuite la Malaisie. Elle y rencontrera un Chinois avec qui elle vivra une folle passion. Le couple doit se marier en Europe. L'homme achète une valise à sa future femme qui part pour Paris avant lui.
Le jour de son départ, le 27 Janvier 1980, Béatrice Saubin est arrêtée à l’aéroport de Bayan-Lepas avec 534 grammes d’héroïne pure dissimulés dans un double-fond de sa nouvelle valise. Le trafic de drogue en Malaisie est puni par la mort par pendaison.
Le 17 Juin 1982, après six jours de procès où Béatrice clame son innocence, elle est condamnée à mort par pendaison. Par miracle, un grand avocat français, suite à l’appel désespéré de la grand-mère de Béatrice, vient au secours de la jeune femme. Béatrice Saubin, ne sera donc pas condamnée à mort, mais passera 10 ans de sa vie en prison en Malaisie pour avoir aimé et s’être fait manipulée.
Elle sera libérée en 1991. Depuis, elle a écrit deux livres et aidé plusieurs O.N.G. Le premier, « L'épreuve », publié chez Robert Laffont, s'est vendu à 170 000 exemplaires. Cinq ans plus tard, la jeune femme publie son second livre « Quand la porte s'ouvre ».
Béatrice Saubin est décédée des suites d'une insuffisance cardio-vasculaire.

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"Elle essayait de vivre"
Béatrice Saubin, condamnée à mort au début des années 1980 en Malaisie pour possession d'héroïne, puis remise en liberté après de longues années de prison, est décédée le 2 novembre des suites d'une insuffisance cardio-vasculaire. A l'époque de son arrestation, la jeune femme, âgée de 22 ans, avait reçu le soutien de centaines de personnes, dont de nombreux artistes et intellectuels.

"Me faudra-t-il monter sur les épaules d'un gardien ? [?] Ou faudra-t-il me traîner, me lancer telle une balle coincée ? Le bruit des vertèbres brisées monte-t-il en un flot de sang dans la bouche, d'où pend une langue bleue ? [?] Je ne veux pas mourir. Voilà ma seule vérité. Mon unique hurlement." Béatrice Saubin, arrêtée le 27 janvier 1980 à Kuala Lumpur avec 534 grammes d'héroïne pure dans ses bagages, avait échappé à la pendaison ; elle avait résisté au temps, à la souffrance d'une vie passée dans une geôle malaisienne. Dix années de douleur décrites dans un livre, L'épreuve*, publié en 1990. L'ancienne prisonnière a été retrouvée morte des suites d'une insuffisance cardio-vasculaire, le 2 novembre, à l'âge de 48 ans. Seule, chez elle, à Paris, dans sa salle de bains. "La prison l'a tuée", souffle Me Paul Lombard, l'un de ses avocats.

C'est l'histoire d'une femme qui a résisté à tout. D'abord à une enfance abîmée. Béatrice Saubin est née le 7 septembre 1959, à Romilly-sur-Seine (Aube). Sylvestre, son père, un militaire, la reconnaît mais l'exclut de sa vie. Josette, sa mère, une prostituée, la confie à la grand-mère, Marguerite. La vieille dame vit dans un deux-pièces. Béatrice dort dans son lit. La jeune fille ne pense qu'à voyager. Elle fuit en Asie. Le 27 janvier 1980, elle est à l'aéroport de Kuala Lumpur, en Malaisie, une valise verte à la main. Les douaniers déchirent le double fond et y trouvent de la drogue. Béatrice assure que la valise lui a été remise par son amant chinois. L'homme ne sera jamais retrouvé. Le 16 juin 1982, le juge annonce la sentence : pendaison. La jeune femme, âgée de 22 ans, est alors l'unique Française dans le monde à être condamnée à mort. La France entière est saisie. Le Journal du Dimanche lance une pétition : "Il faut sauver Béatrice Saubin." Parmi les signataires : Aragon, Depardieu, Barjavel, Montand, Dutourd, Jankélévitch, Hallyday?

"Elle était portée par la liberté"

Le procès en appel a lieu deux mois plus tard, le 25 août 1982. Me Paul Lombard n'oubliera jamais. La jeune femme entre dans la salle du tribunal, blafarde, vêtue d'un ensemble de soie claire. Le ténor parisien, aidé d'un avocat local, plaide le doute. Après trois quarts d'heure de délibéré, il n'entend qu'un mot : "Life." Béatrice Saubin est sauvée, mais elle retourne dans sa cellule, protestant toujours de son innocence.

A sa sortie de prison, huit ans plus tard, Béatrice est une star. L'écrivain Didier Decoin a raconté son histoire pendant sa détention dans Béatrice en enfer. Elle publie à son tour son livre qui devient un best-seller, fréquente des personnalités du monde du cinéma ou de la presse, de la politique aussi. "Elle était portée par la liberté, se souvient Me Lombard. On aurait dit la Belle au bois dormant qui se réveillait." Corps frêle, moral d'acier, elle impressionne. Elle sort toutes les nuits, dépense son argent sans compter. Installée dans un immense appartement du 10e arrondissement de Paris, elle vit une liaison avec un homme plus âgé, riche et connu. Un film doit être adapté de son histoire. C'est Isabelle Adjani, qui lui avait rendu visite en Malaisie, qui doit jouer son rôle. Béatrice se laisse happer par ce tourbillon qui la grise.

C'est à cette époque que Frédéric fait sa connaissance, "au hasard d'une soirée".

II la raconte, "intelligente", "généreuse", "charismatique", "toujours digne et fière". Mystérieuse aussi. La Française rêvait d'une vie extraordinaire, au point parfois de la fantasmer. A ses amis, elle parle beaucoup de Jacques Chirac, Premier ministre pendant deux années de sa détention. Ses proches les imaginent amis. S'ils se sont souvent parlé au téléphone, ils ne se verront que très peu. Béatrice Saubin cloisonne sa vie, dissimule ses failles. Elle a besoin d'être entourée, mais peut soudain disparaître pendant plusieurs semaines.

Anorexique et alcoolique

Au fil des ans, la jeune femme s'essouffle de cette frénésie. Beaucoup de ses proches meurent : sa grand-mère, sa mère, père Jean et s?ur Nicole, des religieux qui l'ont soutenue lors de sa détention? Béatrice sombre, rattrapée par ses cauchemars. Elle est placée sous curatelle, vit de ses droits d'auteur et d'une pension d'invalidité. Elle doit vendre son appartement. Il y a un an et demi, elle loue un studio? mais ne supporte pas l'exiguïté du lieu. "Les deux premiers mois, elle a pris une suite à l'Holiday Inn de la place de République à Paris", sourit Frédéric.

L'ancienne détenue de l'île de Penang, malade, alcoolique, souffre d'anorexie. Elle ne se plaint jamais, évoque rarement son trouble alimentaire. "Les seules fois où elle l'a fait, elle faisait un lien entre les derniers repas qu'elle vomissait et ceux qu'elle apportait aux condamnées à mort, dont elle s'est beaucoup occupée avant leur exécution en prison", confie un autre proche. Là-bas, la Française était traitée "comme une reine", se souvient Me Karen Berreby, son autre avocate qui est allée la voir onze fois en Malaisie. Seule en cellule, des repas convenables. "Elle allait très bien à sa sortie de prison, soutient Me Berreby. Mais elle n'était pas assez préparée à la liberté."

Voici cinq semaines, elle a appelé à l'aide. "C'était la première fois, se souviennent Frédéric et Sylvie, une autre amie. Elle disait qu'elle avait peur de mourir." La rescapée des geôles pèse alors moins de 40 kg. Malgré quelques rechutes, elle a arrêté de boire. "Elle essayait de vivre", insiste Sylvie. Elle avait passé trois semaines au Maroc en juin. "Elle voulait écrire un nouveau livre", raconte Abdelkader, un ami. Mais elle ne mangeait rien. "Et quand elle picorait, précise Frédéric, ce n'était que du foie gras et du saumon, accompagnés de son cocktail, ?le Béa?, du Danao coupé à l'eau?"

Deux jours avant sa mort, Annie, sa curatrice, lui a rendu visite. "Elle m'a dit qu'elle souffrait du silence. En prison, il y avait beaucoup de bruit." Le vendredi 2 novembre, un ami essaie de la joindre toute la journée. Il finit par appeler les pompiers, qui la trouveront morte. Béatrice Saubin a été enterrée lundi, à Villemoyenne (Aube), près de sa mère. Elle est morte sans jamais avoir accepté de reparler de son épopée malaisienne. A-t-elle été une victime innocente ? Autour d'elle, personne n'est vraiment dupe. Béatrice Saubin avait simplement coutume de dire : "Tant que le président Chirac est vivant, je ne dirai rien."

* Editions Robert Laffont.
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