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Le désir et la loi Approches psychanalytiques Clavreul Jean 1987

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Réf 3293
Clavreul Jean : Jean Clavreul , psychanalyste et homme exceptionnel malgré lui
Jean Clavreul , psychanalyste et homme malgré lui exceptionnel



Il fut mon professeur à Vincennes ...
À l'époque ce qu'il disait me semblait évident tant cela entrait en résonnance avec mon adolescente ingénuité, avec l'espoir qui me portait, avec la révolte légère qui me soulevait. Aujourd'hui, avec le recul forcé des années qui ont passé, avec le discernement auquel j'ai été forcée par les expériences, (où qu'a forgé mon expérience) après m'être frottée à la réalité des petites luttes de pouvoir et autres guerres intestines qui ne s'avouent pas. Après m'être heurtée et m'être sentie bousculée, parfois maltraitée, par la prétention, la morgue, l'arrogance de tous ceux qui n'ont pas sa modestie mais se serve de son charme et de son ascendant pour anoblir leur image... Aujourd'hui oui je prends conscience du caractère exceptionnel d'un homme et de son enseignement. Et je mesure la chance de l'avoir reçu recevoir et d'en avoir bénéficié, en toute liberté ...
Assister à ses cours me semblait naturel, ils constituèrent cependant un véritable trésor, que je choie aujourd'hui... Ils autorisaient et affirmaient à la fois la liberté tout en invitant à l'esprit critique et au sens du respect sans lesquels elle ne peut s'exprimer.
Je l'en remercie du fond du coeur et me félicite que mes pas m'aient menée jusqu'à lui, à la salle où il enseigna, dans cette université folle que fut Vincennes, il y a bien longtemps et où j'eus aussi le bonheur d'écouter :Deleuze ... Et quelques autres ... Dont, dans un autre domaine, voisin cependant, Henri Laborit ... Un vent de générosité ...
Virginie Megglé


Jean Clavreul (1923-2006).

19 décembre 2006


Oh ! l'automne l'automne a fait mourir l'été

Dans le brouillard s'en vont deux silhouettes grises

Appollinaire. Automne



C'est par l'article d'Elisabeth Roudinesco, découvert par hasard et bien tardivement dans LE MONDE -04.11.06-, que j'ai appris la mort, le 28 Octobre, de Jean Clavreul.
Celui-ci, qui fut mon analyste de 1968 à 1976, puis une petite année en 1988-1989, que je retrouvai autour d'un projet de travail commun -qui n'aboutit pas-, au milieu et à la fin des années 90, cette fois sur un mode amical, -encore que le terme, désignant une relation analyste-analysant, fut-ce un ancien, puisse en choquer d'aucuns-, campa finalement sur trente ans de ma vie.
Si Mme. Roudinesco esquisse à grands traits les étapes de sa démarche et de ses travaux, depuis l'éclosion de l'Ecole Freudienne de Paris dont il fut d'emblée un des piliers, en passant par cet essentiel de 1967, "Le Désir et la Perversion"(1), jusqu'aux longues dernières années ou le grand clinicien, refugié dans sa pratique, observait de loin, avec une amertume amusée, le panier de crabes dans lequel s'ébaudissait, au moins pour bonne part, la gent psychanalytique(2), elle n'en fait pas moins l'impasse sur quelques essentiels ; l'aventure du "Centre d'Etudes et de Recherches Freudiennes", avec Melman et Faladé, la tentative, auprés de M. Safouan, de la "Convention Psychnalytique", elle aussi de bref avenir, et dans un tempo plus optimiste l'excellent film de 1982, "Jean Clavreul-Entretiens avec D. Friedmann", à nouveau projeté récemment à Beaubourg, en hommage, peu aprés sa mort.
De ces échecs, de ses déceptions, Jean Clavreul m'avait quelquefois parlé. Mais ce ne fut pas là l'essentiel de nos dernières rencontres. Sa famille, la mienne, son amour pour sa fillette, merveilleuse enfant délurée et rieuse, adoptée depuis peu au lointain Brésil, notre commune dévotion pour l'art -contemporain entre autres-, son attachement au voyage, aux plantes, à la nature, aux animaux, suffisaient à nos conversations. Je me souviens ainsi du "chat à éclipses", pilier de la cour s'imposant souvent dans son hôtel, et pouvant disparaître plusieurs mois, mais jamais sans retour ; et aussi de certains de ses patients anciens ou actuels, n'hésitant pas à marauder dans son frigidaire ! Il faut dire que Jean Clavreul s'occupait de tout le monde, et ne rejetait jamais un patient, si "gêneur", à l'occasion, puisse-t'il être... ou devenir !
Mais c'est sur notre dernière rencontre que je voudrais cibler mon propos. Nous avions dîné assez tardivement dans un petit restaurant de la place des Vosges, non loin de son domicile. La conversation se prolongeait autour d'un verre qui n'en finissait pas. Ambiance agréable... Beaucoup de sujets effleurés, lorsqu'à brûle-pourpoint il me demanda : Pour vous D..., quel mot vous semble le mieux signifier "tout ça" ?(3) Comme j'hésitais en souriant, il poursuivit : Pour moi, voyez-vous, c'est le mot fragilité ! Nous sommes sortis sans presque rien ajouter, nous nous sommes serré la main devant son porche... et ne nous sommes jamais revus... Mes fugues, depuis, vers l'Orient et le Zen lointains, m'ont confirmé à quel point il avait raison ! (4).
Adieu, Jean Clavreul...

1)-Jean Clavreul : Le désir et la Perversion, Seuil, 1967, (Avec P.Aulagnier, G.Rosolato, F.Perrier, J.P Valabrega).
2)-Jean Clavreul : Le Désir et la Loi, Denoël, 1987. Liminaire P. 8-9, quelques lignes désenchantées, presque féroces, à ce sujet.
3)-Tout ça... Tous les aléas de la vie, bien sûr, plaisants ou excécrables !
4)-Voir aussi : http://jean-clavreul.blog.fr / -Blog sur lequel peut lui être rendu hommage.

Jean Clavreul
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