DETAILS DE L'OUVRAGE


Catégorie: Littérature (Sur) céline

Référence librairie: 3440
Titre: Céline en liberté - Pia Pascal


Auteur: Pascal Pia


Editeur: Du Lérot
Date d'édition: 2011
Date de dépôt des droits d'auteur: 1977
Informations sur l'édition:
Reliure: Broché
Illustrations:


Disponible à la vente : Oui. Merci de nous contacter.


Règlements.................: Chèques/Virts/Paypal -
ISBN: 978-2-35548-057-7

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Descriptif de l'ouvrage :

Pia, Pascal – Céline en liberté
Pia, Pascal – Céline en liberté. Chroniques publiées dans Carrefour. 80 p.
Quand Pascal Pia, résistant et fondateur du journal Combat, écrit sur Céline, un souffle surprenant pour nos consciences étriquées vient nous rappeler à l’ordre. C’est une leçon de littérature et de franc-parler à la fois. Car Pascal Pia est un érudit qui sait comment défricher l’histoire littéraire pour mettre en évidence les évolutions, les rappels et les liens, les ruptures aussi, et dégager ainsi l’essentiel : « Ce sont les œuvres qui comptent, non les extraits de casier judiciaire, ni les rapports de concierge ».
Entre 1955 et 1977, Pascal Pia a consacré dans Carrefour dix chroniques à Céline, réunies ici, depuis les Entretiens avec le professeur Y jusqu’à Rigodon. Toutes sont écrites avec finesse et érudition et détonnent très heureusement dans le paysage journalistique actuel.
978-2-35548-057-7 - 13 Décembre 2011- 74 pages, 20.2 X 15 cm, 114 grammes

Rédaction : http://www.blogmorlino.com/index.php/2012/06/26/chroniques_litteraires_1954_1977_de_pasc

Les chroniques littéraires de Pascal Pia (1903-1979) publiés dans «Carrefour» sont celles d’un insatiable lecteur qui nous ouvre les portes de son monde intérieur. Il y a des gens qui s’acharnent à vouloir rester inconnu comme d’autres sont prêts à tout pour devenir célèbre. Pascal Pia appartient à ces personnages attachants qui passent leur temps à servir la littérature au lieu de s’en servir. N’a-t-il pas réclamé «le droit au néant» ? D’aucuns diront qu’il souffrait peut-être d’une psychose de l’échec. A la fois d’un manque de confiance et d’un besoin de perfection qui l’ont poussé à demander à Gaston Gallimard de ne pas publier le recueil de poèmes « Le Bouquet d’orties » qui était en partance pour l’imprimerie. Unique dans les annales de l’éditeur ! Autodidacte et éternel insatisfait, Pascal Pia a passé son temps à écrire sur les autres au lieu de composer une œuvre avec ses propres livres. Quand il a publié des monographies sur Baudelaire et Apollinaire, il regrettait de ne pas l’avoir fait sous pseudonymes. Son patronyme dans le monde littéraire en était déjà un : de fait, Pascal Pia s’appelait en réalité Pierre Durand. Né le 15 août 1903, le Parisien a eu une enfance très difficile matériellement, orphelin de père mort aux combats, en 1915. Avant d’être journaliste, il a vécu d’expédients et toujours là où on ne l’attendait pas: le facétieux iconoclaste est allé jusqu’à commettre des faux poèmes de Baudelaire et d’Apollinaire pour tromper les plus grands exégètes. Devenu critique littéraire, l’ex mystificateur ne s’est jamais laissé gruger par un talent surfait.
Les éditions du Lérot ont du mérite de mettre en librairie les chroniques de Pascal Pia au temps de son passage à « Carrefour », entre 1954 et 1977. Pour aller vers ce livre, il faut être éperdument amoureux des lettres et de son Histoire. Avant d’accéder à la prose, il faut rogner les pages avec une délicate attention. Moins on est de fous, plus on lit. Si pour beaucoup lire ne sert à rien alors pensez un peu ce qu’ils doivent penser quand on se met à raviver les souvenirs de lectures d’un homme qui dévorait aussi bien Jacques Perret que Vauvenargues et le débutant Patrick Modiano. Cette large ouverture de compas atteste d’un esprit curieux de tous les styles estimés authentiques. N’empêche, Pia n’accorde pas le droit aux écrivains de s’exprimer sur l’augmentation de la plaquette de beurre au Guatemala. Il est pour qu’un auteur ne quitte pas le périmètre de son œuvre, sous peine de passer pour une Marie-Chantal. Le bloc-notes de Mauriac ? Il ne s’adresse « qu’à la population des beaux quartiers». Que reste-t-il de Gide ? « Ses livres qui traitent directement » de son autobiographie. Quand Marcel Jouhandeau lui envoie « Réflexions sur la vieillesse et la mort », en 1957, Pascal Pia se défend d’être un magistrat : « je ne m’attache ni à rendre des arrêts, ni à dresser des listes noires ». Le greffier des lettres parle toujours à la première personne. Ses avis n’engagent que lui. «Le critique n’a pas à traiter les auteurs comme des prévenus déférés à sa compétence, mais à se prononcer sur des œuvres», signale-t-il le 11 janvier 1956.
Ayant renoncé à devenir romancier, Pascal Pia accomplissait pour les autres ce qu’il ne faisait pas pour lui. Ainsi a-t-il œuvré sans relâche auprès de Malraux et des éminences grises de Gallimard pour faire éditer « L’Etranger » de Camus, en 1942. A l’époque, les deux hommes étaient inséparables. Pour remercier Pia de l’avoir fait débuter dans le journalisme, à Alger, entre autres manifestations amicales, Camus lui dédia « Le Mythe de Sisyphe ». Devenu résistant, Pascal Pia anime le journal « Combat » sans grande illusion de pérennité : « Nous allons tenter de faire un journal raisonnable. Et comme le monde est absurde, il va échouer ». Cette aventure journalistique fut si collective que Camus ne signait jamais ses éditoriaux : un acte qui va au-delà de la précaution liée à la clandestinité. Les chroniques de Pascal Pia sont à l’image de leur rédacteur : elle stimule l’intelligence, informant sans jamais lasser. Impitoyables avec les journalistes, Charles de Gaulle a dit de ceux de « Combat » : « Ils sont les seuls honnêtes ».



Pascal Pia